• LEONIE MARTIN


    Léonie Martin...

    Avec sa sœur Thérèse, docteur de la  petite Voie , elle a
    cultivé le goût 
    de la dernière place. 
    Avec saint François de Sales,
    docteur de l'Amour l'humilité, la douceur et la simplicité.



    Léonie, une vie cabossée !
    3 juin 1863 - 17 juin 1941

    Tout pose difficulté avec Léonie, la troisième fille des époux Martin ! Santé préoccupante, intelligence immature, caractère rebelle et instable... Bref, dès son plus jeune âge, Léonie inquiète la famille.

    La fillette peine fortement à trouver sa place dans la fratrie. En effet, Marie et Pauline, les deux aînées, ainsi que Céline et Thérèse, les deux plus jeunes, brillent naturellement par la vivacité d'esprit, la douceur de caractère, l'excellence scolaire, et même l'élégance. A l'inverse, Léonie est dissipée, désobéissante, frondeuse, inconstante, et peu dévote. Le contraste est saisissant ! Son parcours scolaire est accidenté. A trois reprises, elle est renvoyée du pensionnat. Face à son caractère insupportable, seule sa très patiente tante visitandine accepte de la prendre en charge.

    Adolescente, elle souffre de la déception de ses proches et, malgré toute sa bonne volonté, reste prisonnière de ses difficultés.

    Toutefois, à treize ans et demi, Léonie exprime soudain le désir de devenir une vraie religieuse comme sa tante bien aimée. Évidemment, personne ne la prend au sérieux. Un essai chez les Clarisses d'Alençon se solde d'ailleurs par un échec cuisant pendant que ses sœurs font la fierté du Carmel de Lisieux.

    Toujours volontaire, elle parvient à intégrer le Monastère de la Visitation de Caen. Mais là encore, elle doit supporter l'humiliation de deux nouveaux départs successifs... par sa persévérance, en 1899, après la mort de Thérèse, Léonie entre définitivement à la Visitation de Caen sous le nom de sœur Françoise-Thérèse.
    Elle y restera fidèlement jusqu'à sa mort le 17 juin 1941, à l'âge de 78 ans. Ce sont quarante années de vie cachée en Dieu, sanctifiées par l'offrande de ses fragilités. Depuis, beaucoup de pèlerins affluent près de sa tombe et se confient à sa prière.




    Docteur Thérèse

    et Léonie sa patiente





    " Vite, docteur ; c'est pour une urgence."

    Thérèse de Lisieux connaît cet appel au secours par cœur, puisqu'elle tient l'une des lignes les plus demandées  au standard universel du saint Samu (Simplicité, Abandon, Mission, Union). Mais ce n'est pas la raison pour laquelle Jean-Paul II la déclarai il y a vingt ans, le 19 octobre 1997, docteur de l'Église... " Pour être élevé à ce rang, il faut une pensée théologique exceptionnelle transmise à travers de nombreux écrits et enseignements de poids, rappelle le Père Louis Cesbron, chapelain du sanctuaire Sainte-Thérèse de Paris. Or, rien de tout cela chez la Petite Thérèse ! Juste des lettres, quelques poèmes et son journal spirituel Histoire d'une âme. Et pourtant, elle est bien docteur et nous aide aujourd'hui à trouver le chemin discret et caché de la sainteté." Alors, parlons-en et fêtons Thérèse, docteur !

     Mais un docteur de l'Église n'est pas qu'un " thésard", c'est un praticien. La patronne des poilus est un chirurgien des tranchées intimes. Elle assiste le Médecin des âmes dans ses opérations à cœur-ouvert. À ses côtés, une infirmière toute dévouée : sa grande sœur Léonie. Si l'on continuait de pousser la comparaison " soins intensifs ", Léonie apparaîtrait comme la première patiente du docteur Thérèse. Cette fillette laide, acariâtre, revêche, retardée - le " vilain petit canard " cumule tous les handicaps -, va devenir, au fil d'une fascinante " transfiguration " , l'infirmière-chef des gueules cassées, des cabossés de la vie, des réprouvés réformés. Son aura ne cesse de s'étendre. Son procès de béatification fut ouvert en 2015. Parions que - Sœur Françoise Thérèse  (les prénoms de ses deux maîtres docteurs) sera un jour sur les autels.

    " Léonie est sans doute celle qui a le mieux mis en application dans sa vie la petite voie d'enfance spirituelle de sa sœur ", souligne Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux, dans la préface de Léonie Martin. La sainteté inattendue d'une sœur de Thérèse - réédition attendue de la fameuse biographie du franciscain Stéphane-Joseph Piat, historien rigoureux de la famille Martin, initialement parue en 1966.
    Léonie, "cobaye" de Thérèse ? Non, son premier disciple. Dans sa préface de Les Plus Belles Lettres de Louis et Zélie Martin, Hélène Mongin résume :
    " Elle est aujourd'hui la fille Martin la plus aimée et la plus priée à travers le monde après Thérèse. Si celle-ci est d'une certaine manière le chef-d'œuvre de son père, Léonie est celui de sa mère : de ses efforts, de sa prière, de son offrande enfin. "
    C'est la petite voie de Léonie que vont développer deux auteurs dans des ouvrages à paraître en 2018. Madeleine de Gourcuff, mère de famille passionnée par Léonie, insistera sur le fait qu'elle a ouvert le cœur de ses parents et de ses sœurs à la fragilité. "Nous pouvons particulièrement lui demander d'intercéder auprès de Dieu pour qu'il change notre regard sur nos enfants ", ajoute-t-elle.
    Une vraie retraite à domicile.
    Luc Adrian pour Famille Chrétienne


     Vient de paraître :
    Léonie Martin
    La sainteté inattendue d'une sœur de Thérèse
    aux Editions de l'Emmanuel 
    Prix 16,00€